Orientation

[Partage d'expérience] Retour d’expérience sur la création et la mise en place d’un escape game dédié à l’orientation

Interview de Madame Boillée, professeure documentaliste au lycée Marey à Beaune.
Madame Boillée nous présente une manière plus ludique d’aborder l’orientation avec ses élèves, au travers de la réalisation d’un escape game et nous explique précisément comment le réaliser, dans quel cadre et pour quels retours des élèves.
 

Accéder à la version audio : http://bit.ly/38ajd9S

 

Comment s’organise votre projet d’orientation au sein de l’établissement, qui en sont les acteurs ?

Il n’y a pas de référent orientation officiel, nous avons les professeurs principaux, les deux conseillères d’orientation, moi-même en qualité de professeur documentaliste, ainsi que le proviseur qui coordonne et met en place différentes actions.

 

Vous avez travaillé plus particulièrement sur un ESCAPE GAME dédié à l’orientation, pouvez-vous nous en dire plus sur cette initiative originale ?

Il y a 2 ans, j’ai fait une formation sur la création d’escape game à but pédagogique, et j’ai participé à une réunion avec les professeurs principaux de Seconde de notre lycée et du lycée voisin, organisée par un inspecteur de l’Éducation Nationale qui était venu pour nous former sur les nouvelles procédures d’orientation. A ce moment-là, et en repensant au 54h par niveau consacrées à l’orientation, je me suis dit qu’il serait bien de sortir des sentiers battus et faire quelque chose de moins scolaire ; en faisant faire aux élèves un escape game.
L’idée a eu un succès immédiat, il a fallu ensuite l’élaborer.

Nous nous y sommes mises à trois pour construire une série d’épreuves d’un escape game « Panique au CDI ». Le principe ? Une faille spatio-temporelle s’est ouverte au sein du CDI, qui bloque les élèves dans le présent, et ils doivent retrouver un avenir en réalisant des épreuves. Pour cela, nous avons utilisé deux salles : le CDI et une salle informatique. Les élèves doivent aller dans la deuxième salle dite du futur, pour ouvrir ensuite la porte de « l’avenir ». Les séries d’épreuves reprennent des éléments vus pendant la présentation du CDI : le kiosque ONISEP, les revues spécialisées, les nouveautés du CDI, la façon de ranger les documents…
Nous avons bâti des épreuves à la fois sur ordinateur avec le portail Esidoc et des applications en ligne comme Learningapps (qui permet de générer des jeux comme le pendu), ou sur papier (puzzles à compléter ou cryptobarres pour déchiffrer une énigme).
Le jeu fonctionne par demi-classe, avec quatre équipes différentes, constituées par tirage au sort ; ce qui les oblige à se mélanger et travailler ensemble. Ils ont su se prendre au jeu et se motiver pour faire partie de l’équipe gagnante. 
Nous y sommes allées à tâtons au début, en prenant des créneaux d’1h (15 min d’explication et 45 minutes de jeu). Les quatre premiers groupes nous ont permis de moduler la difficulté et la longueur des épreuves. 
Afin de les laisser se débrouiller, nous nous sommes également fait passer pour des hologrammes, en leur donnant des indices sans leur donner les réponses aux épreuves. Le premier test nous a donc également permis de moduler l’aide pendant ces épreuves.


Cela a du nécessité beaucoup de temps de préparation ? 

Exactement, mais cela m’a appris énormément de choses et avec plaisir, surtout lorsque les élèves se prennent au jeu. 
Et cela a permis d’ancrer les points importants en activant les apprentissages différemment en répétant les choses, en les faisant travailler sur ordinateur et en réalisant des activités pratiques.

 

Quels sont les retours précisément des élèves ? 

L’équipe gagnante était la première à finir le parcours, néanmoins, les trois autres groupes tenaient à aller jusqu’au bout des épreuves. Sur les sept classes de seconde, je n’ai repéré que très peu d’élèves, qui ne semblaient pas intéressés par le jeu. A part ça, le côté ludique des choses et le fait de naviguer de salle en salle, changent des méthodes d’apprentissage habituelles. Le travail en équipe leur a permis de profiter des capacités des uns et des autres et de produire un travail intéressant, ils se sont montrés assez complémentaires et au final cela a bien marché. Nous n’étions pas du tout sûres du chemin pris, mais cela s’est très bien passé.
Je me suis rendu compte que cela les a beaucoup aidés à s’entraîner à faire des rébus par exemple pour trouver des indices, certains élèves n’avaient jamais fait de rébus ou de puzzle ! 
En dehors de tout ça, cela leur permet de se familiariser avec le CDI, et de changer les rapports avec les adultes, qui permet de se découvrir mutuellement avec les élèves.


Allez-vous réitérer l’expérience plus tard dans l’année, ou l’an prochain ?

Pour le moment, nous n’avions prévu cela que pour le niveau seconde, étant donné l’énorme temps de préparation et de réalisation que cela comporte. Nous avons fait participer les sept classes de seconde, ce qui a nécessité de bloquer 14h pour ce jeu, ainsi que le CDI et une salle informatique. De plus, il a fallu faire changer les emplois du temps ainsi que les attributions de salle pour tout cordonner.
C’est quelque chose que nous voulons refaire l’année prochaine sur le même niveau, mais il faudra adapter les épreuves car le kiosque Onisep a changé. 
Le plus dur, est de s’organiser logistiquement, pour les salles et les emplois du temps. Nous avons organisé l’escape game 2 semaines avant les vacances de Noël, une période propice à ce type d’activité ludique.

 

Personnellement, combien de temps avez-vous mis dans la préparation ?

Je dirai une bonne vingtaine d’heures pour moi et pareil pour mes collègues, à concevoir et réaliser les cartes de conception, les indices, comment nous allions les disséminer... 
Je me suis également immergée en faisant 2 vrais escapes games pour m’imprégner de l’univers et me donner la logique de ce type de jeu.
Nous sommes allés voir les sites, les comptes rendus, les déroulés d’autres escape game mais cela est difficilement transposable directement, cela dépend de l’objectif, du lieu…

 

Comment avez-vous eu connaissance de cette formation au départ ?

En tant que documentaliste nous avons des groupes de production locale, qui réunissent des documentalistes de même zone géographique. Ces groupes nous donnent une exigence de production en travaillant sur un thème pendant 6 mois qui doit servir pour nos collègues. Il y a 2 ans, le thème était sur la mixité, nous devions bâtir un escape game uniquement en ligne avec toute une série d’épreuves qui a ensuite été proposé aux collègues. 
En parallèle, une autre collègue d’un autre établissement, qui a fait la même formation que moi, a créé un escape game sur l’initiation au CDI, et elle m’a conseillée d’un point de vue organisationnel notamment ; par exemple, de ne pas mettre 2 séances à la suite, car il faut du temps pour tout remettre en place ; de faire des doubles au cas où des cartes se perdent…

 

Pouvez-vous détailler les autres actions que vous menez autour de l’orientation au sein de l’établissement ?

Nous réservons un certain nombre d’heures d’accompagnement personnalisé avec les professeurs principaux, pour organiser des activités, des rencontres ou encore des visites avec les élèves. 
Nous avons par exemple participé à un salon Studyrama en novembre 2019 à Dijon avec des étudiants de Première et Terminale, voyage pris en charge par le conseil régional de Franche-Comté. 
Nous avons travaillé avec les élèves de Seconde sur une initiation au CDI axée sur les recherches sur l’orientation avec le portail documentaire et les sites spécialisés, ainsi qu’une intervention d’une heure avec une Psy EN pour leur expliquer les différents moyens de s’informer, en interne, sur internet ou avec le CIO qui se trouve à la mission locale de Beaune.
Nous avons également un lien fort avec des entreprises locales qui servent de relais pour les lycéens qui cherchent des stages mais également pour des interventions dans le lycée pour discuter de certains métiers et certaines filières. 
En lien avec l’enseignement supérieur, nous avons organisé un forum tertiaire sur les DUT et les BTS, et une présentation des classes CPGE.
Nous avons aussi des visites de l’Université, avec par exemple des journées où les élèves assistent à des cours, dans certaines filières pour qu’ils sachent à quoi s’attendre dans l’enseignement supérieur.
Et en complément, un système classique d’information par affichage dans l’établissement.
 

 

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