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[Interview] Pierre Undreiner, chef d’établissement de l’Institution St Joseph à Rouffach, dans le Haut-Rhin.

Pierre Undreiner est chef d’établissement de l’Institution St Joseph à Rouffach, dans le Haut-Rhin.

Son établissement fait partie des premiers qui ont du fermer leurs portes en France, , et il a partagé avec nous quelques réflexions sur les problématiques que cela entraîne…

Quel est le contexte actuel de votre établissement ?


Nous sommes un établissement privé du Haut Rhin, composé d’une une école élémentaire et d’un collège que je dirige.
L’établissement est fermé aux élèves depuis le 9 mars et pour une période pour le moment de 15 jours (NDLR : l'interview a été réalisée le 10 mars, avant l'intervention du Président de la République du 12 mars), nous recevons des informations pas toujours harmonisées de la part de la Préfecture, de l’Education Nationale et les instances religieuses, mais nous faisons en sorte que tout se déroule correctement.
Les élèves n’ont pas le droit de venir dans l’établissement, et les enseignants restent chez-eux, tout en leur étant ouvert s’ils ont besoin de quoi que ce soit.

Quels outils vous permettent de maintenir la relation professeurs - élèves ?


L’Education Nationale a annoncé le système du CNED, mais nous sommes un établissement privé, ce qui rend l’accès plus complexe. J’ai contacté le Rectorat en demandant une procédure pour le mettre en place. Mais à ce jour je n’ai rien reçu, seule ma collègue directrice du primaire a pu mettre en place une procédure pour les familles.
Sans l’avoir vu, pour ce que nous en avons compris,  ces outils suivent une progression « CNED », si bien qu’elle ne pourra pas être réellement efficace : les enseignants ont chacun leur propre progression !


Notre consigne a donc été de faire créer des cours par les enseignants et d’utiliser nos outils existants : notre messagerie par courriel, et ScolInfo pour les cours et les devoirs (nous n’avons pas d’ENT). Les enseignants vont s’adapter en fonction de ce mode de transmission, et pendant un certain temps il ne vont pas aborder de nouveaux thèmes du programme, cela va plutôt être des approfondissements et révisions.
 

On sait très bien que ce mode de fonctionnement reste de la théorie, en pratique c’est beaucoup plus compliqué :
•    D’abord parce qu’on n’a pas toujours suffisamment de matériel à domicile : pas assez d’ordinateur par personne, pas d’imprimante dans la maison, voire garde d’enfant chez les grands-parents qui n’ont pas Internet !
•    Et aussi pour les parents, car c’est une vraie une surcharge de travail pour eux. Ils ne doivent pas seulement suivre les devoirs mais tout l’enseignement. C’est lourd et ils n’ont pas toujours les compétences.

Et qu’en est-il des manuels scolaires imprimés ?


Au départ on ne savait pas précisément quels établissements du département allaient être fermés, on nous avait annoncé seulement une centaine d’établissements : vendredi dernier nos élèves sont rentrés chez eux sans prendre plus que leur sac à dos quotidien.
Donc cette semaine on a du autoriser les parents à venir reprendre les affaires de leurs enfants, et ils ont tout repris.
Si bien qu’aujourd’hui les élèves ont la plupart de leurs manuels à la maison, et ils sont utilisés par certains enseignants comme support… cela permet notamment de ne pas être toute la journée sur des écrans !

 

 

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